Lucie Delplanque : Traductrice littéraire français-anglais

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Le musée privé d’Art Spiegelman

A l’occasion du 39e Festival de la BD d’Angoulême en 2012, présidé par Art Spiegelman, la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image consacre à l’auteur de Maus, une exposition intitulée « Le musée privé d’Art Spiegelman », et publie un livre numérique en partenariat avec Néolibris, filiale de IGS-CP.

Cet ouvrage numérique propose au lecteur un long essai inédit d’Art Spiegelman, dont j’ai effectué la traduction française : Un aperçu idiosyncrasique de l’histoire et de l’esthétique de la bande dessinée.

« Art Spiegelman a prononcé, depuis trente ans, de nombreuses conférences sur la bande dessinée à la San Francisco Academy of Art et à la School of Visual Arts de New York, ainsi que dans des colloques et symposiums. Ce texte est la synthèse d’un des sujets de son enseignement.

Ce texte est précédé d’un avant-propos de Gilles Ciment et illustré par des fac-similés d’une dizaine de planches originales d’artistes admirés par l’auteur de Maus, présentées dans l’exposition et quatre interviews vidéo inédites d’Art Spiegelman (sous-titrées en français) sur quelques-uns des auteurs qu’il admire : Rodolphe Töpffer, Richard Outcault, Chester Gould, Harold Gray, Harvey Kurtzman, Justin Green. »

Le livre numérique est disponible sur le iTunes Store, au prix de 4,99€.
Sur le site de la Cité de la BD, vous trouverez une description plus détaillée de l’ouvrage, accompagnée d’une des vidéos présentée dans l’expo.

Extrait

« La fusion immédiate entre mots et images qui caractérise la bande dessinée se rapproche de la façon dont le cerveau humain formule des pensées. Imaginez que vous croisez dans la rue quelqu’un que vous connaissez. Un homme, par exemple. La seule différence, c’est qu’il s’est laissé pousser la barbe et qu’il porte un chapeau bizarre. Cependant, cela ne vous empêche pas de le reconnaître, car votre cerveau a relié cette nouvelle image à toutes les représentations précédentes que vous aviez de cette même personne. Les éléments que toutes ces images ont en commun, ces « signes permanents », sont ceux-là mêmes qu’utilisent les caricaturistes. Dans une société qui devient de plus en plus visuelle (ce qui peut être un simple euphémisme pour dire « quasi illettrée »), la bande dessinée est la littérature du futur.

Bien que la plupart des bandes dessinées méritent principalement d’être étudiées du point de vue de la sociologie ou de l’histoire culturelle, une petite poignée de dessinateurs a su créer des œuvres d’art ou de littérature significatives.

Le saint patron du comix est le pédagogue et auteur suisse Rodolph Töpffer (1799-1846). C’est lui l’inventeur de la première véritable bande dessinée, avec sa « littérature en estampes ». Comme il l’écrit dans la préface de son premier ouvrage : « Les dessins, sans le texte, n’auraient qu’une signification obscure ; le texte, sans les dessins, ne signifierait rien. Le tout ensemble forme une sorte de roman d’autant plus original qu’il ne ressemble pas mieux à un roman qu’à autre chose »… »


« Une maison
Qui te reconnaîtrait. »